Ces dernières semaines les médias ont relayé des affaires de factures 3G aux montants les plus étonnants les uns que les autres: 39 500 euros par ici, 49 923 par là, et la palme pour la facture de 159 212 euros.
Toutes chez Orange et concernant des abonnés à Internet illimité avec une clé 3G, ces factures ahurissantes ont finalement livré leur secret: les abonnés n'avaient pas été prévenus du dépassement de la limite de 1Go de données de leur forfait internet illimité. En effet, le terme illimité ne couvre que la durée de connexion, une fois 1Go de données téléchargé, le Ko supplémentaire était facturé à 0.17 euros, sans alerte préalable de consommateur (soit 170 euros du Go).
La médiatisation de ces affaires a permis leur dénouement, de plus Orange a mis en place des mesures d'urgence avec une prise de contact personnalisée avec les 4 000 clients utilisateurs d'offres professionnelles 3G+ Internet pro everywhere 24/24 et un blocage automatique de leurs factures supérieures à 200 euros. De plus, les conditions générales de ventes devraient etre revues pour une meilleure information des abonnés. Ces mesures ne concerneront par contre pas les abonnés non pro.
Mais cette réaction de l'opérateur ne suffit pas à l'UFC Que Choisir qui estime avoir "déjà mis en garde les opérateurs à ce sujet suite à plusieurs dérapages qui concernaient les clés 3G mais aussi les terminaux téléphoniques. Les opérateurs avaient alors juré que cela ne se reproduirait plus et que des mécanismes d'alerte seraient mis en place. Nous pouvons voir, aujourd'hui, ce qu'il en est de leurs promesses. Cette défaillance est d'autant plus gênante que, depuis ces récents incidents, de nombreux témoignages nous remontent de consommateurs qui ont eu le même type de problèmes."
L'association demande "à ce que les opérateurs n'utilisent plus les termes « Internet » et « Illimité » pour vendre des prestations qui ne sont finalement que l'accès en ligne à des services spécifiques et de manière limitée ! "
Du côté de l'ARCEP, la réaction ne s'est pas faite attendre: "Les opérateurs ont une obligation morale de garantir au consommateur de disposer des moyens de maîtriser sa dépense" a rappelé Jean-Ludovic Silicani, le président de l'Arcep, "cette obligation morale n'est pas remplie par les opérateurs, l'Autorité n'hésitera pas à proposer qu'elle soit inscrite dans le droit".